Étapes de vie
October 8, 2026
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7 minutes

SOPK et FIV / ICSI : protocoles et taux de succès

Dr Camille Parnaud
Gynécologue spécialisée en médecine de la fertilité

Le SOMP (ex-SOPK) ne signifie pas que la réussite d'une FIV ou d'une ICSI est compromise. Les ovaires répondent souvent bien, parfois généreusement, à la stimulation, avec bon nombre d'ovocytes recueillis. Un profil de réponse aujourd'hui bien identifié par les équipes de médecine de la reproduction. Ce n'est pas pour autant une garantie : comme pour tout parcours de fertilité, l'âge, la réserve ovarienne et la situation de chaque couple restent des facteurs déterminants, et les protocoles adaptés au SOMP visent avant tout à sécuriser le parcours, pas à promettre un résultat.

Un profil de réponse bien identifié

Le SOMP se caractérise par un nombre de follicules antraux plus élevé que la moyenne, visibles à l'échographie. Lors d'une stimulation ovarienne, ces follicules ont souvent tendance à bien répondre aux traitements hormonaux, ce qui se traduit fréquemment par un nombre d'ovocytes recueillis plus important au moment de la ponction, un point qui joue plutôt en faveur du parcours. Cette réponse plus généreuse n'est toutefois pas systématique : certaines femmes avec un SOMP répondent au contraire plus lentement à la stimulation, un profil que l'équipe médicale sait tout aussi bien repérer et accompagner. C'est précisément ce profil de réponse, dans un sens comme dans l'autre, que l'équipe médicale surveille de près pour ajuster le traitement, un point de vigilance parmi d'autres, au même titre que l'âge ou la réserve ovarienne.

Ce terrain hormonal particulier s'inscrit dans les mécanismes plus larges du syndrome, notamment la résistance à l'insuline. Le dosage de l'AMH est l'un des outils que l'équipe médicale utilise en amont pour anticiper la réponse et personnaliser la stimulation dès le départ.

Un nombre d'ovocytes plus élevé ne veut pas non plus dire, à lui seul, davantage d'embryons de bonne qualité : les follicules recrutés dans le SOMP ne sont pas toujours d'une maturité homogène. C'est une des raisons pour lesquelles le suivi est particulièrement attentif, pas seulement pour la quantité d'ovocytes recueillis mais pour la qualité de chaque étape du parcours.

Des protocoles pensés pour ce profil

La bonne nouvelle, c'est que la médecine de la reproduction a beaucoup progressé sur ce terrain précis. Les recommandations internationales sur la stimulation ovarienne, régulièrement mises à jour, détaillent aujourd'hui plusieurs ajustements simples et bien maîtrisés, que les équipes médicales proposent couramment aux femmes qui répondent fortement à la stimulation, comme c'est souvent le cas avec un SOMP :

  • Le protocole antagoniste, devenu le choix privilégié en première intention pour ce profil de réponse : il permet un contrôle fin du déclenchement de l'ovulation, sans réduire les chances de naissance vivante.
  • Un dosage de traitement ajusté, calibré pour obtenir une réponse efficace tout en restant confortable pour le corps.
  • Un déclenchement adapté : lorsque la réponse à la stimulation le permet et que le risque d'hyperstimulation reste maîtrisé, le déclenchement peut être réalisé par hCG. Cela permet généralement d'envisager un transfert d'embryon dans la continuité du protocole. Si la réponse ovarienne est excessive et que le risque d'hyperstimulation est important, un agoniste de la GnRH peut être utilisé à la place pour renforcer la sécurité. Dans ce cas, le transfert est généralement différé et les embryons sont congelés.
  • La stratégie du « tout congelé » : elle peut être proposée lorsque le transfert immédiat n'est pas recommandé, notamment en cas de réponse ovarienne excessive nécessitant un déclenchement par agoniste de la GnRH. Les embryons sont alors congelés puis transférés lors d'un cycle ultérieur, adapté à la situation de la patiente.
  • Un éventuel accompagnement par metformine, parfois proposé en complément selon le protocole retenu.

Ces choix se discutent et se personnalisent avec l'équipe médicale, en fonction du profil hormonal, de l'âge et de l'histoire de chaque parcours. L'objectif est de trouver le meilleur équilibre entre efficacité et sécurité, en particulier pour limiter le risque de syndrome d'hyperstimulation ovarienne, plus fréquent lorsque les ovaires répondent fortement à la stimulation.

La maturation in vitro (IVM)

Il existe aussi une approche appelée maturation in vitro (IVM), qui permet de prélever des ovocytes immatures avec une stimulation hormonale limitée, voire sans stimulation importante, puis de poursuivre leur maturation en laboratoire. Cette technique peut notamment limiter l’exposition aux traitements de stimulation ovarienne et donc le risque d’hyperstimulation.

Cependant, son efficacité reste nettement plus faible que celle de la FIV conventionnelle. Une étude randomisée publiée en 2020 chez des femmes ayant un nombre élevé de follicules antraux n’a pas permis de démontrer que l’IVM était aussi efficace que la FIV conventionnelle ; plusieurs résultats, notamment les taux de grossesse cumulés, étaient en faveur de la FIV.

L’IVM reste donc une technique encore peu utilisée, pratiquée dans certains centres spécialisés et réservée à des situations très particulières. Elle peut être envisagée comme une solution de dernier recours lorsque les autres stratégies ne sont pas adaptées ou ont échoué, après discussion avec une équipe spécialisée.

Ce que suggèrent les données de succès

Il n'existe pas de taux de succès unique qui s'appliquerait à toutes les femmes : l'âge, la réserve ovarienne, le protocole choisi et le centre qui accompagne le parcours font tous varier ces chiffres, souvent bien plus que le SOMP en tant que tel. Ce que suggèrent les données disponibles, c'est que le SOMP, une fois le protocole adapté au profil de réponse, ne semble pas être en soi un facteur qui pénalise les chances de succès en FIV/ICSI. Le nombre d'ovocytes recueillis, parfois supérieur à la moyenne, peut être un point favorable sur l'ensemble du parcours, notamment lorsque plusieurs embryons sont disponibles pour des transferts successifs, sans que cela ne garantisse un résultat pour autant : chaque parcours reste singulier.

Un parcours qui se construit avec l'équipe médicale

Le choix du protocole, le recours ou non à l'ICSI (une technique utilisée selon le contexte du couple, pas spécifiquement liée au SOMP), la stratégie de transfert, ou l'intérêt éventuel de l'IVM : toutes ces décisions se prennent ensemble, avec l'équipe de médecine de la reproduction, en fonction du profil de chacune. Il n'y a pas de chemin unique, et c'est justement ce qui permet d'adapter le parcours à chaque histoire.

Ce qu'il faut retenir

Le SOMP donne un profil de réponse ovarienne particulier en FIV/ICSI, pas nécessairement moins favorable, avec souvent un nombre d'ovocytes plus élevé que la moyenne. Les protocoles actuels (protocole antagoniste, déclenchement adapté, stratégie du tout congelé) permettent d'accompagner ce profil en toute sécurité, sans que cela n'entame les chances de réussite de façon documentée. La maturation in vitro constitue une option à envisager selon les situations, avec ses propres compromis. Rien de tout cela ne garantit un résultat individuel : l'âge, la réserve ovarienne et le profil de chaque couple restent des facteurs déterminants, et chaque parcours se construit pas à pas, avec une équipe médicale de confiance.

Questions fréquentes

Le SOPK réduit-il les chances de réussite d'une FIV ?

Les données actuelles ne montrent pas que le SOMP, une fois le protocole adapté, pénalise en soi les chances de succès. Le nombre d'ovocytes recueillis est souvent plus élevé, ce qui peut être favorable, mais l'âge et la réserve ovarienne restent des facteurs déterminants, comme pour tout parcours de fertilité.

Pourquoi les ovaires répondent-ils différemment avec un SOPK ?

Parce qu'ils comptent naturellement davantage de follicules antraux, ce qui se traduit souvent par une réponse plus généreuse à la stimulation, un point que l'équipe médicale intègre simplement dans le choix du protocole.

Qu'est-ce que le protocole antagoniste ?

C'est un protocole de stimulation qui permet un contrôle fin du déclenchement de l'ovulation. Il est aujourd'hui privilégié en première intention pour les femmes qui répondent fortement à la stimulation, comme c'est souvent le cas avec un SOMP.

L'ICSI est-elle systématique en cas de SOPK ?

Non. Le choix entre FIV conventionnelle et ICSI dépend surtout du profil de fertilité masculine et du contexte du couple, pas du SOMP en tant que tel.

Le transfert d'embryon congelé est-il préférable au transfert frais ?

Pour les femmes avec un SOMP, différer le transfert après congélation est une option couramment recommandée : elle sécurise le protocole sans réduire les chances de naissance vivante.

Références

  1. ESHRE Guideline Group on Ovarian Stimulation, Ata B, Bosch E, et al. ESHRE guideline: ovarian stimulation for IVF/ICSI: an update in 2025. Hum Reprod. 2026;41(4):498-514. doi:10.1093/humrep/deag018.
  2. Leathersich S, Roche C, Hart R. Minimising OHSS in women with PCOS. Front Endocrinol (Lausanne). 2025;16:1507857. doi:10.3389/fendo.2025.1507857.
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  6. Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations From the 2023 International Evidence-based Guideline for the Assessment and Management of Polycystic Ovary Syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469. doi:10.1210/clinem/dgad463.
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  8. Vuong LN et al. (2020). In-vitro maturation of oocytes versus conventional IVF in women with infertility and a high antral follicle count: a randomized non-inferiority controlled trial. Human Reproduction. 35(11):2537–2547. DOI: 10.1093/humrep/deaa240.

Note terminologique, SOPK / SOMP

Le SOPK a été renommé à l'international en 2026 (PMOS). En France, deux appellations coexistent sans arbitrage définitif : SOMP (syndrome ovarien métabolique polyendocrinien) et SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien). Il s'agit de la même pathologie. Nous employons « SOPK » dans le titre et les recherches, et « SOMP » dans le corps de l'article, le temps que le nouveau nom s'installe.

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