Quels examens demander quand on suspecte un SOPK

Le diagnostic du SOMP (ex-SOPK) repose sur la présence d'au moins deux critères parmi trois : hyperandrogénie, trouble de l'ovulation, et morphologie ovarienne ou dosage de l'AMH, après exclusion des autres causes pouvant expliquer les symptômes. Les recommandations internationales de 2023 ont précisé ces critères et introduit le dosage de l'AMH comme alternative validée à l'échographie.
Un cadre diagnostique qui a mûri
Depuis les premiers critères du NIH en 1990, la compréhension du SOMP n'a cessé de s'affiner. Le consensus de Rotterdam en 2003 a constitué un tournant majeur en élargissant la définition du syndrome au-delà de la seule hyperandrogénie, introduisant un raisonnement combinatoire qui reste le socle du diagnostic aujourd'hui.
En 2023, plusieurs sociétés savantes internationales (l'American Society for Reproductive Medicine, l'Endocrine Society, la European Society of Endocrinology et la European Society of Human Reproduction and Embryology) ont publié une mise à jour des recommandations fondée sur les preuves pour la prise en charge du SOMP. Ce consensus repose sur une méthodologie rigoureuse et comprend 77 recommandations basées sur les données scientifiques, 54 recommandations de consensus, ainsi que 123 points de bonne pratique. Son objectif : clarifier les critères, simplifier l'algorithme diagnostique et intégrer les avancées scientifiques récentes.
Deux critères sur trois : le principe fondateur
Chez l'adulte, le diagnostic repose sur la présence d'au moins deux des trois critères suivants, après exclusion des autres causes pouvant expliquer les symptômes.
L'hyperandrogénie, clinique ou biologique, peut se manifester par un hirsutisme, une acné persistante ou une alopécie androgénique. Sur le plan biologique, elle est objectivée par un dosage de testostérone ou d'autres androgènes circulants.
Le trouble de l'ovulation se traduit le plus souvent par des cycles irréguliers : spanioménorrhée (cycles de plus de 35-45 jours) ou aménorrhée. C'est l'un des motifs de consultation les plus fréquents.
La morphologie ovarienne ou le dosage de l'AMH constituent le troisième critère. À l'échographie endovaginale, on retient un seuil de plus de 20 follicules de 2 à 9 mm sur au moins un ovaire. L'une des nouveautés majeures de 2023 concerne l'hormone antimüllérienne (AMH) : cette hormone, produite par les follicules ovariens, reflète la réserve ovarienne. Son dosage par simple prise de sang est désormais reconnu comme une alternative valide à l'échographie.
Point important : lorsque l'hyperandrogénie et les troubles du cycle sont tous les deux présents, le diagnostic peut être posé sans échographie ni dosage de l'AMH, un élément de simplification bienvenu pour la pratique clinique quotidienne.
Quatre phénotypes, un même syndrome
Le SOMP n'a pas un visage unique, et c'est ce qui rend son repérage parfois délicat. Les recommandations distinguent aujourd'hui quatre phénotypes selon la combinaison de critères présents : le phénotype dit « classique » associant les trois critères, les formes avec hyperandrogénie et trouble ovulatoire, celles avec hyperandrogénie et morphologie ovarienne, et enfin le phénotype sans hyperandrogénie clinique évidente.
À cette diversité s'ajoutent des composantes métaboliques variables (insulinorésistance, surpoids), qui ne font pas partie des critères diagnostiques à proprement parler, mais qui orientent la prise en charge.
Un diagnostic à adapter à l'âge
L'adolescence est une période où le diagnostic demande une prudence particulière. Dans les premières années suivant les premières règles, les cycles irréguliers et l'acné sont fréquents et tout à fait normaux. Pour éviter un surdiagnostic, les recommandations 2023 préconisent de ne pas utiliser l'échographie ovarienne ni le dosage de l'AMH chez l'adolescente, ces marqueurs n'étant pas encore suffisamment fiables à cet âge. Le diagnostic repose alors uniquement sur l'association de cycles durablement irréguliers et d'une hyperandrogénie clinique ou biologique.
Ce qu'il faut retenir
Le cadre diagnostique du SOMP est aujourd'hui plus robuste et plus accessible qu'il ne l'a jamais été. L'intégration de l'AMH, la clarification des phénotypes et l'adaptation aux différentes tranches d'âge offrent aux professionnels de santé des repères concrets pour poser un diagnostic éclairé, même face à des tableaux atypiques. C'est aussi cette meilleure compréhension du syndrome qui permet d'envisager un accompagnement plus personnalisé, une fois le diagnostic posé.
Questions fréquentes
Quels examens sanguins demander en cas de suspicion de SOMP ?
Un dosage des androgènes circulants (testostérone) pour objectiver l'hyperandrogénie biologique, et éventuellement un dosage de l'AMH pour évaluer la morphologie ovarienne sans passer par l'échographie.
L'échographie est-elle obligatoire pour poser le diagnostic ?
Non : si l'hyperandrogénie et les troubles du cycle sont déjà présents tous les deux, le diagnostic peut être posé sans échographie ni dosage de l'AMH.
Le dosage de l'AMH remplace-t-il systématiquement l'échographie ?
Il en constitue une alternative validée depuis 2023, mais le choix entre les deux dépend souvent des habitudes du prescripteur et de la disponibilité des examens.
Références
- Teede HJ, Tay CT, Laven JJE, et al. Recommendations from the 2023 international evidence-based guideline for the assessment and management of polycystic ovary syndrome. J Clin Endocrinol Metab. 2023;108(10):2447-2469.
- Rotterdam ESHRE/ASRM-Sponsored PCOS Consensus Workshop Group. Revised 2003 consensus on diagnostic criteria and long-term health risks related to polycystic ovary syndrome. Fertil Steril. 2004;81(1):19-25.
- Singh S, Pal N, Shubham S, et al. The role of lifestyle interventions in PCOS management: a systematic review. Nutrients. 2025;17(2):310.
- Cowan S, Lim S, Alycia C, et al. Lifestyle management in polycystic ovary syndrome – beyond diet and physical activity. BMC Endocr Disord. 2023;23(1):14.
- Cooney LG, Gyorfi K, Sanneh A, et al. Increased prevalence of binge eating disorder and bulimia nervosa in women with polycystic ovary syndrome: a systematic review and meta-analysis. J Clin Endocrinol Metab. 2024;109(12):3293-3305.
- Fauser BCJM, Tarlatzis BC, Rebar RW, et al. Consensus on women's health aspects of polycystic ovary syndrome (PCOS): the Amsterdam ESHRE/ASRM-Sponsored 3rd PCOS Consensus Workshop Group. Hum Reprod Update. 2021;27(2):299-323.
- Patel S. Polycystic ovary syndrome (PCOS), an inflammatory, systemic, lifestyle endocrinopathy. J Steroid Biochem Mol Biol. 2018;182:27-36.
Note terminologique, SOPK / SOMP
Le SOPK a été renommé à l'international en 2026 (PMOS). En France, deux appellations coexistent sans arbitrage définitif : SOMP (syndrome ovarien métabolique polyendocrinien) et SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien). Il s'agit de la même pathologie. Nous employons « SOPK » dans le titre et les recherches, et « SOMP » dans le corps de l'article, le temps que le nouveau nom s'installe.
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