Comprendre le SOPK
August 28, 2026
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5 minutes

Les phénotypes du SOPK : pourquoi 4 femmes n'ont pas la même version

Le SOMP, ex-SOPK, ne se manifeste pas de la même façon chez toutes les femmes qui en vivent un. La médecine distingue aujourd'hui quatre phénotypes, définis à partir des critères de Rotterdam, établis en 2003 : troubles de l'ovulation, hyperandrogénie et aspect polykystique des ovaires à l'échographie. Selon la combinaison de ces trois critères, le profil de chaque femme peut être très différent de celui d'une autre femme portant le même diagnostic, ce qui explique pourquoi une prise en charge uniforme ne convient pas à tout le monde.

D'où viennent les différentes formes de SOMP ?

Comprendre pourquoi les formes de SOMP varient autant d'une femme à l'autre implique de revenir sur ses origines : le SOMP est multifactoriel.

La génétique joue un rôle non négligeable : plusieurs gènes de prédisposition ont été identifiés, impliquant notamment la synthèse des hormones stéroïdiennes, le métabolisme des glucides et l'action des gonadotrophines (ces hormones produites par l'hypophyse qui régulent le fonctionnement des ovaires). Leur présence crée un terrain favorable, que d'autres facteurs viennent ensuite activer ou non.

L'environnement et le mode de vie entrent également en jeu. L'exposition aux perturbateurs endocriniens, présents dans de nombreux produits du quotidien, peut perturber l'équilibre hormonal : certaines substances, comme le bisphénol A, font l'objet d'une attention croissante dans la recherche sur le SOMP. Certains de ces mécanismes environnementaux, comme l'inflammation de bas grade, commencent seulement à être documentés.

Les quatre phénotypes du SOMP, selon les critères de Rotterdam

La communauté médicale internationale reconnaît aujourd'hui quatre phénotypes, définis à partir de différentes combinaisons des trois critères diagnostiques principaux : troubles de l'ovulation, hyperandrogénie (excès d'hormones androgènes) et aspect polykystique des ovaires à l'échographie.

  • Phénotype A : les trois critères sont présents. C'est la forme la plus complète, et souvent la plus symptomatique.
  • Phénotype B : troubles de l'ovulation et hyperandrogénie, sans aspect polykystique à l'échographie.
  • Phénotype C : hyperandrogénie et aspect polykystique, mais ovulation conservée.
  • Phénotype D : troubles de l'ovulation et aspect polykystique, sans hyperandrogénie clinique ou biologique.

Cette classification illustre bien pourquoi deux femmes portant le même diagnostic peuvent vivre des réalités très différentes.

Pourquoi les déséquilibres hormonaux s'expriment-ils différemment selon les femmes ?

Au-delà des phénotypes, l'intensité variable des déséquilibres hormonaux sous-jacents explique aussi pourquoi les symptômes diffèrent tant. Les taux de LH (hormone lutéinisante) sont souvent élevés, sans atteindre le pic nécessaire pour déclencher l'ovulation. Cette élévation stimule la production de testostérone dans les ovaires, ce qui peut se traduire par de la chute de cheveux, de la pilosité faciale ou de l'acné, mais pas systématiquement, et pas avec la même intensité chez toutes.

La résistance à l'insuline, fréquemment associée au SOMP, amplifie ces déséquilibres en stimulant davantage la production de testostérone et en réduisant les niveaux de SHBG, la protéine qui transporte et inactive une partie de cette hormone. Là encore, l'intensité de cette résistance varie d'une femme à l'autre, ce qui contribue à la diversité des formes de SOMP.

Thyroïde, cortisol : des facteurs souvent oubliés

Parmi les éléments qui modulent l'expression du syndrome, la thyroïde et le cortisol méritent une attention particulière. Certaines données suggèrent un possible lien entre hypothyroïdie et SOMP ; ce lien reste à confirmer, mais il invite à une approche clinique globale.

Le cortisol, hormone libérée en réponse au stress, peut quant à lui modifier la façon dont l'organisme gère les autres hormones, en influençant à la fois la résistance à l'insuline et la fonction thyroïdienne. Le stress chronique n'est donc pas anodin dans le tableau clinique du SOMP, et son impact sur les différents phénotypes commence à être mieux documenté. Le microbiote intestinal fait partie de ces terrains encore émergents qui pourraient, eux aussi, moduler l'expression du syndrome.

Une prise en charge qui respecte la singularité de chaque profil

C'est précisément parce que les phénotypes sont si variés qu'une approche personnalisée est essentielle. Une prise en charge pensée uniquement autour de l'hyperandrogénie ne répondra pas aux besoins d'une femme dont le SOMP s'exprime avant tout sur le plan métabolique, et inversement. Identifier son phénotype, avec le médecin, permet d'orienter un accompagnement qui tient compte du profil hormonal, des symptômes et du mode de vie de chacune, plutôt que d'appliquer une réponse uniforme à un syndrome qui ne l'est pas. Un guide complet sur le SOPK permet de replacer ces phénotypes dans l'ensemble du syndrome.

Pour aller plus loin avec Solence — Reconnaître la diversité des phénotypes du SOMP est une première étape vers un accompagnement plus juste. C'est cette logique de personnalisation, fondée sur la science et la médecine du mode de vie, que l'application Solence cherche à soutenir au quotidien, en complément du suivi médical.

Questions fréquentes

Comment savoir quel est mon phénotype de SOPK ?

Seul un bilan médical (échographie pelvienne, bilan hormonal, évaluation du cycle) permet de déterminer le phénotype de chacune selon les critères de Rotterdam. Un professionnel de santé reste le mieux placé pour l'interpréter.

Le phénotype peut-il changer au fil du temps ?

Oui, l'expression du syndrome peut évoluer, notamment sous l'effet du mode de vie, du poids ou de l'âge. Un phénotype constaté à un instant donné n'est pas figé pour toujours.

Le phénotype D, sans hyperandrogénie, est-il moins sévère que les autres ?

Pas nécessairement. Chaque phénotype comporte ses propres enjeux : le phénotype D s'accompagne moins souvent de signes cutanés, mais les troubles de l'ovulation et l'aspect polykystique des ovaires restent à surveiller avec un professionnel de santé.

Peut-on avoir un SOPK sans correspondre exactement à l'un des quatre phénotypes ?

Les quatre phénotypes couvrent, par définition, toutes les combinaisons possibles des trois critères de Rotterdam. En pratique, c'est l'intensité et l'association des symptômes qui varient le plus d'une femme à l'autre au sein d'un même phénotype.

Références

  1. Hart R, Hickey M, Franks S. Definitions, prevalence and symptoms of polycystic ovaries and polycystic ovary syndrome. Best Pract Res Clin Obstet Gynaecol. 2004;18(5):671-683.
  2. Di Guardo F, Ciotta L, Monteleone MM, Palumbo M. Male equivalent polycystic ovarian syndrome: hormonal, metabolic, and clinical aspects. Int J Fertil Steril. 2020;14(2):79-83.
  3. Gaddas M, Chaouache N, Ajina MZ, Souissi A, Zbidi A, Ajina MZ. Sex hormone binding globulin, insulin resistance and metabolic disorders in polycystic ovarian disease. Ann Endocrinol (Paris). 2014.
  4. Zhai Q, et al. The role of chronic stress in female reproductive disease. Reprod Sci. 2021;28(7):1823-1831.
  5. Hill MJ, et al. Cortisol and testosterone associations with social network dynamics. Horm Behav. 2018;103:86-95.

Note terminologique, SOPK / SOMP

Le SOPK a été renommé à l'international en 2026 (PMOS). En France, deux appellations coexistent sans arbitrage définitif : SOMP (syndrome ovarien métabolique polyendocrinien) et SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien). Il s'agit de la même pathologie. Nous employons « SOPK » dans le titre et les recherches, et « SOMP » dans le corps de l'article, le temps que le nouveau nom s'installe.

N'oubliez pas : chaque femme est unique. Ce qui fonctionne pour l'une peut ne pas convenir à l'autre. Le plus important est de trouver l'équilibre qui vous correspond avec l'aide de professionnels de santé bienveillants.

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